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Ce qui change pour les voyageurs avec le nouveau système européen d’entrée en 2026

Ce qui change pour les voyageurs avec le nouveau système européen d’entrée en 2026

Ce qui change pour les voyageurs avec le nouveau système européen d’entrée en 2026

À partir du 10 avril 2026, le nouveau système européen d’entrée et de sortie, appelé EES, doit être pleinement déployé aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Pour les voyageurs concernés, les tampons dans le passeport laisseront place à un enregistrement numérique des entrées et des sorties. Une photo du visage et, dans la plupart des cas, des empreintes digitales seront recueillies lors du passage à la frontière.

Le changement concerne surtout les ressortissants de pays hors de l’Union européenne qui voyagent pour un court séjour. Les Suisses, eux, ne sont pas soumis à cette procédure en tant que citoyens suisses. Mais les résidents étrangers en Suisse qui n’ont pas la nationalité d’un pays de l’Union ou de l’espace Schengen peuvent être concernés, selon leur titre de séjour et leur destination.

Un système numérique pour enregistrer les séjours de courte durée

L’EES, pour « système d’entrée et de sortie », est une base de données destinée à enregistrer les passages aux frontières extérieures de l’espace Schengen. Elle doit remplacer progressivement les tampons apposés dans les passeports des voyageurs concernés. Le système indique quand une personne est entrée dans l’espace Schengen, quand elle en est sortie et, le cas échéant, si elle a dépassé la durée de séjour autorisée.

Le dispositif est mis en place progressivement depuis le 12 octobre 2025. La date du 10 avril 2026 correspond à son déploiement complet prévu aux frontières concernées, et non au lancement d’une demande de visa ou d’une autorisation à remplir à l’avance.

Concrètement, lors d’un premier passage, les autorités pourront relever les données du passeport, une image du visage et les empreintes digitales. Lors des voyages suivants, les vérifications pourront s’appuyer sur l’enregistrement déjà créé. L’objectif est de rendre les contrôles plus fiables et de repérer plus facilement les dépassements de la limite de séjour.

Quels voyageurs sont concernés ?

L’EES vise principalement les ressortissants de pays tiers qui entrent dans l’espace Schengen pour un séjour de courte durée. Cela comprend notamment les voyageurs exemptés de visa pour un séjour touristique ou une visite, ainsi que les personnes qui disposent d’un visa de court séjour.

La règle générale pour ces séjours reste celle des 90 jours sur toute période de 180 jours dans l’espace Schengen. L’EES ne change pas cette durée : il permet de la calculer et de la contrôler de manière numérique. Un voyageur qui passe trois semaines en France, puis deux semaines en Italie, a ainsi utilisé une partie de son quota de séjour dans l’espace Schengen, même s’il a franchi une frontière intérieure entre les deux pays.

Les citoyens suisses ne sont pas concernés par l’enregistrement biométrique de l’EES lorsqu’ils voyagent avec un passeport suisse. Les ressortissants de l’Union européenne et des pays associés à l’espace Schengen ne sont pas non plus soumis à ce dispositif en tant que voyageurs de pays tiers.

Pour les personnes étrangères établies en Suisse, la situation dépend du document utilisé. Un ressortissant d’un pays tiers qui possède un titre de séjour suisse valide est en principe exempté de l’enregistrement EES pour ses déplacements dans l’espace Schengen. Il reste toutefois important de voyager avec un passeport valide et son titre de séjour. En cas de doute sur un document particulier, mieux vaut vérifier les consignes des autorités ou de la compagnie de transport avant le départ.

Les personnes qui détiennent un visa de long séjour ou un titre de séjour délivré par un pays de l’espace Schengen ne sont généralement pas enregistrées comme des visiteurs de courte durée dans l’EES. Le dispositif ne remplace pas non plus les règles nationales relatives aux visas, aux permis de séjour ou aux conditions d’entrée.

La Suisse est aussi concernée aux frontières extérieures

La Suisse ne fait pas partie de l’Union européenne, mais elle appartient à l’espace Schengen. L’EES s’applique donc aussi aux frontières extérieures suisses. Cela concerne les points de passage où les voyageurs entrent dans l’espace Schengen depuis un pays extérieur, notamment certains aéroports.

Un voyageur canadien qui atterrit à Genève depuis Toronto peut ainsi être contrôlé selon les règles de l’EES. En revanche, un trajet Genève–Paris ne correspond pas à un passage d’une frontière extérieure de l’espace Schengen : il s’agit d’un déplacement entre deux pays de la zone, même si des contrôles d’identité ou de sécurité restent possibles dans d’autres circonstances.

La distinction entre frontière extérieure et frontière intérieure est utile pour comprendre où le système intervient. Les voyageurs ne devraient pas s’attendre à être enregistrés de nouveau à chaque changement de pays au sein de l’espace Schengen.

Ce qui se passe au contrôle des passeports

Lors d’une première entrée après le déploiement du système, un voyageur concerné devra présenter son passeport à la frontière. Les autorités enregistreront les données nécessaires et prendront une photo du visage. Les empreintes digitales seront également relevées pour la plupart des voyageurs concernés. Les enfants de moins de 12 ans ne fournissent pas d’empreintes digitales, mais restent soumis aux autres vérifications prévues.

Le contrôle pourra se dérouler auprès d’un agent ou, là où les équipements le permettent, à l’aide d’une borne en libre-service. Une borne ne signifie pas que le passage est automatique dans tous les cas : un contrôle par un agent peut rester nécessaire, par exemple si les données ne sont pas reconnues ou si une vérification complémentaire s’impose.

Lors des prochains voyages, les données déjà enregistrées pourront être vérifiées à nouveau. Les autorités pourront confirmer l’identité du voyageur et mettre à jour les dates de passage. Les empreintes n’auront donc pas nécessairement à être recueillies à chaque trajet, mais le contrôle de la personne et de ses documents demeure obligatoire.

Les tampons disparaissent, mais pas les contrôles

Le passeport ne sera plus le seul support permettant de suivre les dates d’entrée et de sortie : ces informations seront consignées dans le système. Pour les voyageurs habitués à compter leurs séjours en examinant les tampons, cela représente un changement pratique. Il sera moins simple de faire le calcul à l’œil, mais les autorités disposeront d’un historique numérique plus précis.

L’EES ne supprime pas les contrôles aux frontières et ne garantit pas un passage plus rapide. Pendant la période de déploiement, la collecte des données biométriques peut même allonger l’attente, surtout dans les aéroports très fréquentés ou lors des premiers passages. Les délais dépendront des installations disponibles, du nombre de voyageurs et de l’organisation locale.

Pour une famille qui voyage pendant les vacances, quelques minutes supplémentaires par personne peuvent vite compter. Mieux vaut donc éviter de prévoir une correspondance trop serrée et suivre les indications de la compagnie aérienne ou de l’aéroport. Le système est numérique ; les files d’attente, elles, restent bien réelles.

Pas de demande à remplir avant le départ

L’EES n’est pas une autorisation de voyage à demander en ligne. Les voyageurs concernés n’ont pas à créer eux-mêmes un compte ni à payer des frais pour être enregistrés dans ce système. Les données sont recueillies aux frontières par les autorités compétentes.

Il ne faut pas le confondre avec l’ETIAS, une autorisation de voyage électronique distincte destinée aux ressortissants de pays exemptés de visa. Son lancement est annoncé pour le dernier trimestre de 2026, sous réserve du calendrier officiel. L’ETIAS devra faire l’objet d’une demande préalable, contrairement à l’EES, qui enregistre les passages lors du contrôle frontalier.

En pratique, un voyageur exempté de visa pourra donc devoir obtenir une autorisation ETIAS une fois le dispositif lancé, tout en étant enregistré dans l’EES lors de son passage à une frontière extérieure. Les deux systèmes n’ont pas le même rôle. Avant de partir, il faudra vérifier les règles en vigueur à la date du voyage, car le calendrier de mise en œuvre peut évoluer.

Les informations utiles avant de partir

Ce que cela change dans la vie quotidienne

Pour un touriste suisse qui part quelques jours en Espagne, en Italie ou en France avec un passeport suisse, le changement lié à l’EES est limité : il n’a pas à fournir ses empreintes dans le cadre de ce système. Pour un visiteur américain, japonais ou britannique entrant dans l’espace Schengen, l’étape biométrique fera en revanche partie du contrôle, sous réserve des règles applicables à son cas.

Pour les personnes qui accueillent régulièrement des proches venant de pays hors Schengen, l’information à retenir est simple : il faut prévoir un peu de temps au contrôle et s’assurer que le voyageur dispose des documents requis. L’EES ne modifie pas les conditions d’hébergement, les règles de visa ou les droits liés au séjour. Il rend surtout les entrées et les sorties plus faciles à enregistrer et à vérifier.

Le nouveau système devrait aussi aider les autorités à détecter les dépassements de séjour et certains cas d’usurpation d’identité. Son efficacité dépendra toutefois de son fonctionnement concret, de la qualité des équipements et de la manière dont les données sont protégées. Pour les voyageurs, le principal changement sera visible au contrôle : davantage de vérifications numériques au premier passage, puis un suivi plus précis des séjours de courte durée.

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